Comment trouver le Nord dans l’Espace ? Perspectives spatiales de la Boussole Stratégique européenne
Résumé
Suggéré pour la première fois en 2019 par l’eurodéputé Nathalie Loiseau, à l’époque ministre des Affaires européennes, ce Livre Blanc de la défense européenne a été officiellement lancé sous
la présidence allemande de l’Union il y a plus d’un an. Le haut représentant Josep Borrell l’a ensuite présenté, sous la forme d’une première version, en novembre dernier et l’approbation le 21 mars de cette dernière mouture a été accélérée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
A propos de l'auteur
Valentin Degrange est doctorant en Droit, spécialisé en Droit International Public et en Droit Spatial, et chargé d'étude dans l'axe Espace de l'IESD. Il a étudié à l'Université Jean Moulin Lyon 3, où il a obtenu un master en Droit International Public, durant lequel il a rédigé un mémoire sur la responsabilité de l'Union Européenne dans le cadre du programme Galileo. Aujourd'hui, il vit dans la ville de Lyon et travaille sur une thèse portant sur la question de la coopération internationale en matière d'activités spatiales.
Pensée stratégique
L’évolution de la stratégie aérienne polonaise à l’aune des conflits en Ukraine (2014-2024)
Alors que des missiles frôlent son territoire et que la guerre s’installe durablement à ses frontières orientales, la Pologne intensifie une transformation militaire engagée dès 2013. Héritière d’une histoire marquée par les partages, les annexions et l’occupation par les puissances voisines, Varsovie nourrit une défiance accrue à l’égard de la Russie. L’invasion russe de l’Ukraine a renforcé ses craintes. De cette guerre, elle a tiré des enseignements doctrinaux : l’impasse aérienne entre Moscou et Kiev l’a contrainte à repenser en profondeur sa composante aérienne. Cette note analyse l’adéquation entre les ambitions affichées de Varsovie et les moyens effectivement déployés, révélant, derrière des investissements records et une modernisation accélérée, des fragilités structurelles susceptibles de compromettre les capacités de défense d’un pays désormais au cœur de la sécurité européenne.
L’illusion d’une prolifération nucléaire « amicale » en Europe
Depuis 2024, un frémissement semble parcourir plusieurs capitales du continent européen. En Pologne, dans les pays nordiques, et jusque dans certains cercles allemands, l’idée d’un renforcement autonome du pilier nucléaire européen progresse. On ne parle plus seulement ici de consultations renforcées mais bien de l’hypothèse d’arsenaux nationaux, que leurs promoteurs présentent comme éventuellement compatibles avec le Nuclear Planning Group de l’OTAN. Le problème est que ces différents projets, qui prennent la forme (avouée ou latente) d’un chantage à la prolifération censé répondre au spectre de l’abandon stratégique, et qu’ils soient académiquement spontanés ou politiquement téléguidés, n’ont probablement aucune chance d’aboutir, pour la bonne raison que l’idée même d’une prolifération nucléaire européenne « amicale » (c’est-à-dire acceptée en bonne intelligence par les États-Unis) manque autant de consistance qu’elle est dépourvue de crédibilité
« Rompre le front » : le retour des leçons des deux guerres mondiales dans la guerre en Ukraine »
« Verdun », « guerre de tranchées », les qualificatifs faisant référence aux deux conflits mondiaux pour illustrer la situation en Ukraine ne manquent pas. Au-delà de la simple métaphore une telle évocation emporte des réalités opérationnelles particulières, dont la pertinence -réelle- n’est pas moins sujette à caution.
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De la destruction du Kosmos 1408 à la livraison des systèmes Starlink. Typologie des acteurs spatiaux en marge de la résurgence conflictuelle en Ukraine
Le 15 novembre 2021, la Fédération de Russie procède à un essai de son missile Nudol sur son satellite Kosmos 1408. Plusieurs mois après cet événement, le 24 février 2022, les manœuvres d’invasion de l’Ukraine par la Russie altèrent profondément le cadre des activités spatiales en rompant des partenariats liés dès la guerre froide, notamment entre les États-Unis et la Russie. Cette stratégie ouvre de fait la porte à de nouveaux acteurs désireux d’investir ce milieu stratégique clé. Alors que le conflit s’installe dans la durée, émergent les profondes mutations qui prennent place dans le domaine spatial, parachevant la prise de responsabilité des acteurs privés, tout en consacrant le rôle central des États dans la conduite des affaires internationales.
Les systèmes de commandement, contrôle et communications nucléaires (NC3) et la réduction des risques stratégiques. Quels enjeux pour la France ?
De la Guerre froide jusqu’à nos jours, les systèmes de commandement, contrôle et communications nucléaires (NC3) ont souvent fait l’objet d’analyses portant sur leur vulnérabilité à une attaque adverse et les risques d’escalade nucléaire qui en découleraient. La tendance à l’imbrication des capacités conventionnelles et nucléaires, la mise au point de technologies émergentes, et les stratégies de désinformation renouvellent d’anciens enjeux stratégiques au regard de l’architecture NC3.