Université Jean Moulin Lyon 3 - Faculté de Droit

Partagez cet article

Artificial Intelligence & Defense. What is at stake

Par Renaud Bellais

Résumé

L’intelligence artificielle est aujourd’hui un des sujets les plus brûlants pour la défense. Cette nouvelle technologie induit à la fois de nombreuses craintes et de très hautes attentes. Malgré une littérature foisonnante sur l’IA et la défense, il n’est pas aisé de comprendre les impacts réels de cette relation, ni même de distinguer le moment où ils pourraient produire des résultats concrets. Cette note de recherche a pour objectif d’aller audelà des préjugés et des exagérations. Elle souligne que l’IA constitue une technologie polyvalente avec un immense potentiel qui pourrait transformer la défense et les formes de la guerre contemporaine. Il est néanmoins nécessaire de garder à l’esprit ses avantages et ses limites et de considérer son évolution potentielle sur plusieurs échelles de temps. De plus, l’adoption de systèmes d’IA au sein des armées ne devrait pas être considéré comme allant de soi. L’intégration technologique suppose des  mécanismes d’adaptation relativement complexes, qui affectent la manière dont l’IA transformerait effectivement l’art de la guerre.

A propos de l'auteur

Renaud Bellais est chercheur associé en économie à l'ENSTA Bretagne et au CESICE, Université Grenoble Alpes. Il est diplômé de l'Institut d'Études Politiques de Lille (1994), docteur en économie de l'Université du Littoral (1998) et directeur de recherche agréé de l'Université Grenoble-Alpes (2004). Après avoir été maître de conférences à l'Université du Littoral, il a travaillé à la Direction Générale de l'Armement (DGA) avant de rejoindre EADS, devenu Airbus, et MBDA depuis 2017. Il enseigne dans des universités et des académies militaires.

Après des décennies de hauts et de bas, l'IA a clairement progressé ces dernières années car trois obstacles majeurs ont été surmontés depuis le début des années 2010 : une meilleure puissance de calcul, des bases de données massives et des algorithmes améliorés associés à l'apprentissage automatique.

Dans la collection

Analyse techno-capacitaire

Les maîtres silencieux des océans : les enjeux stratégiques et de non-prolifération des sous-marins à propulsion nucléaire en Australie et au Brésil

Lors de la Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en 2022, le Directeur général Rafael Grossi souligne que « le monde de la prolifération et des garanties nucléaires évolue », et que cette évolution engendre des enjeux techniques et politiques importants. L’annonce de l’accord AUKUS et l’avancement du programme brésilien de sous-marins à propulsion nucléaire reflètent des réajustements géopolitiques régionaux. Sur le plan international, le système de garanties de l’AIEA est mis en épreuve par ces évolutions dans la mesure où elles entraînent des risques de prolifération nucléaire. Comment l’acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire impacte-t-elle l’équilibre stratégique à la fois régional et international et les normes de non-prolifération nucléaire ?

𝐉𝐚𝐧𝐯𝐢𝐞𝐫 𝟐𝟎𝟐𝟑

Par Douglas Rocha
Découvrir ce projet

La scène antimissile eurasiatique. De l’Ukraine au Japon, une mise en perspective exploratoire des connexions géostratégiques entre les fronts européen, arctique et est-asiatique

La défense antimissile appartient à un domaine qui pourrait être désigné comme celui des capacités stratégiques hautes (nucléaire, espace extra-atmosphérique, défense antimissiles, puissance aérienne future, fonds marins). En évolution constante, les interconnexions de ces champs modifient les équations de maîtrise des espaces encore qualifiés de « communs » par habitude, mais qui deviennent en réalité, de plus en plus contestés. En tenant compte des effets géostratégiques de long terme de l’invasion de l’Ukraine, la présente note a pour objet de synthétiser certains des enjeux concernant les réseaux antimissiles régionaux autour desquels s’articule une partie du face-à-face de moins en moins indirect entre Chine, États-Unis et Russie.

𝐌𝐚𝐢 𝟐𝟎𝟐𝟐

Par Olivier Zajec
Découvrir ce projet

Le missile de croisière mer-sol nucléaire (SLCM-N) : conséquences pour la stratégie nucléaire américaine et la maîtrise des armements

En mai 2021, l’administration Biden confirmait la décision de financement du missile de croisière mer-sol nucléaire (SLCM-N), l’un des programmes les plus controversés du mandat de Donald Trump. La décision fut accueillie avec surprise chez certains analystes. En fin de compte, après des discussions importantes au sein du gouvernement et des forces armées, l’administration démocrate semble avoir revu sa décision et a annulé le programme SLCM-N. Dans l’attente de la NPR 2022, l’annulation du missile peut être interprétée comme un indice de l’approche de l’administration Biden en matière de stratégie nucléaire.

𝐀𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟐

Par Douglas Rocha
Découvrir ce projet

À lire également

Les maîtres silencieux des océans : les enjeux stratégiques et de non-prolifération des sous-marins à propulsion nucléaire en Australie et au Brésil

Lors de la Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en 2022, le Directeur général Rafael Grossi souligne que « le monde de la prolifération et des garanties nucléaires évolue », et que cette évolution engendre des enjeux techniques et politiques importants. L’annonce de l’accord AUKUS et l’avancement du programme brésilien de sous-marins à propulsion nucléaire reflètent des réajustements géopolitiques régionaux. Sur le plan international, le système de garanties de l’AIEA est mis en épreuve par ces évolutions dans la mesure où elles entraînent des risques de prolifération nucléaire. Comment l’acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire impacte-t-elle l’équilibre stratégique à la fois régional et international et les normes de non-prolifération nucléaire ?

𝐉𝐚𝐧𝐯𝐢𝐞𝐫 𝟐𝟎𝟐𝟑

Par Douglas Rocha

Capacités stratégiques hautes et assistance militaire défensive dans la guerre d’Ukraine : le dilemme du double seuil

L’un des éléments majeurs du face-à-face russo-ukrainien est naturellement son caractère nucléaire potentiel. Cette dimension incite l’administration Biden à ne pas laisser la guerre d’Ukraine dégénérer en un conflit majeur qui opposerait directement Américains et Russes. Cette limite fait du problème de la co-belligérance occidentale un élément-clé de l’équation politico-militaire du conflit. Tenant compte de ce contexte, cette note met en rapport le « seuil » tactico-opératif lié à cette fourniture d’armement avec un deuxième seuil de nature politico-stratégique, qui est quant à lui influencé par le phénomène de l’interconnexion des capacités stratégiques hautes, et qui ouvre sur le concept délicat de dissuasion multidomaines.

𝐉𝐚𝐧𝐯𝐢𝐞𝐫 𝟐𝟎𝟐𝟑

Par Olivier Zajec

La scène antimissile eurasiatique. De l’Ukraine au Japon, une mise en perspective exploratoire des connexions géostratégiques entre les fronts européen, arctique et est-asiatique

La défense antimissile appartient à un domaine qui pourrait être désigné comme celui des capacités stratégiques hautes (nucléaire, espace extra-atmosphérique, défense antimissiles, puissance aérienne future, fonds marins). En évolution constante, les interconnexions de ces champs modifient les équations de maîtrise des espaces encore qualifiés de « communs » par habitude, mais qui deviennent en réalité, de plus en plus contestés. En tenant compte des effets géostratégiques de long terme de l’invasion de l’Ukraine, la présente note a pour objet de synthétiser certains des enjeux concernant les réseaux antimissiles régionaux autour desquels s’articule une partie du face-à-face de moins en moins indirect entre Chine, États-Unis et Russie.

𝐌𝐚𝐢 𝟐𝟎𝟐𝟐

Par Olivier Zajec